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Tout est moite

C’était il y a 2-3 jours, je ne saurais plus quand exactement. À ce moment-là je n’avais même pas la force d’écrire, il faisait trop lourd ! Un taux d’humidité que je n’avais jamais expérimenté, et c’est dire : en Polynésie, le taux d’humidité est en moyenne de 80%.


On sentait bien que nos corps ne pouvaient même pas transpirer tellement il faisait humide, partout, tout le temps. Il faisait gris, et heureusement, comme ça niveau chaleur ça allait encore. Le pire c’était pour essayer de dormir. Et pour moi, va savoir pourquoi, ce qui me dérangeait le plus c’était les doigts de pieds ! Je les sentais tout humide et moite. J’essayais de les écarter pour que l’air circule entre et les sèche, mais impossible (et ce qui me connaissent très bien savent que je peux bien écarter mes doigts de pieds). L’air était trop humide !! On colle sur les draps, c’est très désagréable. On ne peut pas toujours ouvrir nos hublots très grands, à cause de l’écoute du spi. On met le ventilo, ça aide un peu.


À la sortie de la douche, aussi froide que possible, pas envie de se sécher avec une serviette, elle est trop chaude et ne sèche pas assez. J’essaie de sécher à l’air qui circule.


On est vraiment entourés d’eau, beaucoup d’eau. Là c’était la première fois que je sentais l’eau dans l’air. Il est dit que le corps humain meurt au-dessus de 40°C et 100% d’humidité car il ne peut pas s’autoréguler par la transpiration, l’air étant trop humide. Dans certaines parties du monde, cela est déjà une réalité, et des personnes en souffrent et meurent déjà. On y pense pas assez. Et ça va arriver de plus en plus souvent, un peu plus partout. Avec toujours les mêmes premiers êtres vivants touchés : ceux qui ont le moins de pouvoir de changer les choses (oui parce que y en a qui peuvent). Cette chaleur et humidité que l’on a expérimentées, le temps de quelques jours, alors qu’on navigue tranquille sur l’océan Atlantique, avec de l’eau et à manger, même si elle n’est en rien de rien comparable, m’a amené à y penser, à imaginer dans ma chair la souffrance que certain.e.s endurent déjà.


Voilà, je pensais simplement vous écrire de mes doigts de pieds humides que j’écartais pour les aérer, et j’ai fini par vous parler du réchauffement climatique et de ses impacts inégaux, présents et à venir.




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